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mardi 21 novembre 2017

Bodegas Paniza, Viñas Viejas de Paniza, 2012

Une bouteille prise en passant lors d’emplettes. Le prix relativement doux, le placement des caisses en amont d’une allée et le style sobre de l’étiquette ont eu raison de ma main, qui a rajouté une bouteille au panier. 

J’aurais dû me méfier du petit médaillon « Parker ». Un jus de planche dans lequel une lueur de fruit résiduelle et métallique s’accroche à l’identité du grenache. Le reste fut meilleur la veille, plus froid, et je crois que je suis gentil. Pour remplacer l’essence de vanille dans les recettes. Certains aiment peut-être ce style BCBG pop. Moi non; je considère ceci plutôt une « boisson aloolisée » qu’un vin proprement dit. Il faut dire que je reviens d’un voyage où des vins d'une autre trampe furent dégustés entre copains. Ma sévérité est donc possiblement le résultat du contraste. Mais pour moi, ce vin manque de singularité et de finesse. Ahem. Next!

Code SAQ :  12721905
CDN $15,50






Château d'Angludet, 2009

J’ai reçu l’autre jour une commande spéciale de la SAQ; quelques bouteilles de Château d’Angludet 2012. Il s’agit d’un vin de garde; je m’attends à ce qu’il se bonifie au courant des années. Il faut être patient…et quand le boire exactement? C’est une bonne question. On peut avoir une opinion informée, une intuition de sagesse, mais il demeure un voile de mystère sur cette dimension du vin. Il y a les courbes de projection des spécialistes qui sont fortes utiles. Mais, c’est une surprise à chaque fois…

La curiosité l’emporte et je décide d’ouvrir une bouteille ‘de la même sorte’ mais du millésime 2009 qui repose en cave. J’en ai quelques bouteilles et je considère que je peux me permettre le risque d’une ouverture prématurée. Il faut dire que le millésime 2009 fut fabuleux en Bordeaux et que cette bouteille n’a même pas 10 ans…

Effectivement, le vin m’éblouit avec sa puissance et son tonus. Il est austère. On dirait qu’il n’est pas content de s’être fait réveiller! Ça s’estompe avec l’aération en carafe. La bouche est droite et précise mais avec une complexité qui est encore tendue. Le nez révèle des arômes fruités agréables. La robe est éclatante. Il y a des notes vanillées, cuirées qui font écho au chêne. C’est un vin qui doit vieillir encore pour plusieurs années.

Le millésime 2012 sera certes différent, et après consultation des courbes de longévités dans le Guide Phaneuf, il semblerait que je devrai boire le 2012 avant le 2009 finalement!


Un 2/3 donc par ma faute. On vise la note parfaite pour la prochaine ouverture de ce vin!

Code SAQ :  12908358
CDN $69,00





dimanche 29 novembre 2015

Château d'Agassac, cru Bourgeois, Haut-Médoc, 2005

Je continue ma série de revue de vins de 10 ans d'âge, toujours enFrance pour l'instant, avec ce Château d'Agassac 2005, un Haut-Médocc'est un vin qui attire les éloges de la presse vitivinicole. On peut lire sur le site de la SAQ que les producteurs se concentrent sur la qualité avec peu de souci pour la standardisation du goût. Potentiellement une indication d'un bon vin à suivre pour jouir des différences que peut amener l'expression du terroir an-après-an. Ce sont les millésimes 2010 (Code SAQ: 11639977 à $31,00 CDN) et 2011 (Code SAQ: 11798222 à $32,75) qui sont présentement offerts sur les rayons.


En tout cas, ce 2005 est exquis. Un beau nez de fruits noirs acides et de champignons. En bouche il présente une belle fraîcheur et équilibre. Les tannins ne sont pas tous digérés et tapissent les gencives mais ce n'est pas astringent, ou irritant. J'appellerais plutôt ça du potentiel. Il est à point pour procurer du plaisir donc, mais je vais laisser vieillir le reste de ces bouteilles encore un brin...





dimanche 1 novembre 2015

Domaine Duclaux, Chateauneuf-du-Pape, 2005


Je commence donc ma série de dégustation de vins de 10ans d’âge que j’avais promis pour la saison hivernale! J’aimerais pouvoir aussi vous promettre une conclusion fracassante, mais il se peut qu’il n’y ait que quelques notes à la fin de l’exercice…on verra. Comme « ils disent », le parcours importe d’avantage que la destination! Commençons donc en force, avec ce Châteauneuf Domaine Duclaux de la famille Quiot

Nez discret à l’ouverture. On le brasse, on l’aère et il se relève, se révèle. Il était endormi. On lui laisse le temps. Soyons patients, il l’a été lui, pour nous.

On reprend alors un nez charment et suave sur le fruit et un léger cuire. La première attaque en bouche est d’un beau ‘toasté’… Épices… Un certain sérieux… Une droiture, qui impose le respect. La texture est soyeuse en bouche avec une finale chaleureuse. L’ouverture se fait lentement, au courant de quelques heures – n’hésitez pas de le carafer longuement s’il est de cet âge ou plus jeune, comme le 2009 qui doit maintenant joncher certains rayons de SAQ…

Un Châteauneuf approchable (qualité-prix) avec un bon potentiel de garde. N’étant pas nécessairement un 'grand vin', il procure amplement de plaisir! …et il n’a peut-être rien à envier aux ‘grand vins’ dans le fond


Pour le 2009:
Code SAQ :  10273483
CDN $36,75











vendredi 16 octobre 2015

Le retour du singe...dans sa cage

Aux lecteurs fidèles, je m'excuse – pour les autres, bof. Ça fait longtemps que j'ai partagé des notes et impressions...comme disait Passe-Partout: l'été, l'été, l'été c'est fait pour jouer. Je l'avoue, il y avait un certain manque de volonté. J'aime la rigueur, mais parfois, j'apprécie de ne pas être rigoureux. La villégiature a ainsi pris le dessus. Mon assiette fut bien remplie avec l'essentiel saupoudré de petits voyages et patati et patata. C'est bon les patates hein?

C'est aussi ça la liberté...de ne pas être lié aux attentes des autres ou à nos propres attentes envers soi-même – l'essence-même du lâcher-prise. Les attentes, c'est poison, comme j'écrivais de mon alter-ego anglo-saxon ici-ailleurs d'ailleurs.

Mais réjouissez-vous mes chers 9 lecteurs! Je prépare une super série de dégustation-commentaire sur une gamme éclectique de différents vins de 10 ans d'age provenant d'un peu partout (ou n'importe ou). J'ai effectivement plusieurs bouteilles du millésime 2005 que je gardais spécifiquement pour cette 'expérience' gustative pseudo-scientifique. Il me faudra peut-être des amis...?

Donc, au courant des prochains mois, vous pourrez vous attendre à plusieurs notes en ce sens...en attendant, bonnes dégustations et découvertes!


Le Singe...

samedi 13 juin 2015

Comparaison de rousses, Boutefeu, Chouappe, Mons

Il reste quelques matchs à la finale de la coupe Stanley. Rien de mieux selon moi qu'une bonne bière pour accompagner le visionnement d'un match. Ou bien pour récompenser quelques efforts de jardinage dans la cours et se désaltérer. 

J'aime bien les rousses et en voici quelques différentes pour sortir des sentiers battus, si vous pouvez les trouver...



Une bière rousse avec un côté floral agrémenté de notes torréfiées qui rappellent le café. On y sent les noisettes aussi qui se retrouvent sur l’arrière-goût. L'effervescence est plus vigoureuse au début puis s'estompe et laisse place à une texture plus douce éventuellement – pour les connaisseurs de Kilkenny, vous y verrez peut-être apparaitre une semblance. L'amertume est franche mais dosée. Mon genre.








Celle-ci est d'une couleur cuivrée caramel avec une belle mousse dorée qui s'estompe rapidement. Le nez est légèrement métallique et on y perçoit aussi des notes de caramel, champignons, feuilles mortes, thé, cerise des bois – c'est assez complexe. Une attaque franche et boisée sur des bulles assez fines. D'une belle longueur. Elle me rappelle le style de la 'Newcastle' même si celle-là est considérée une 'Brune'. Peu amère. Une bière de méditation...







D'une couleur sombre chocolatée, elle est trouble. Au nez, je perçois des notes toastées d'orge et de pousses germées. Le chocolat et la noisette se poursuivent en bouche. Bulles fines et peu mousseuses. Un peu plus amère que la Mons. Longueur agréable sur la noisette. Une bière sérieuse d'un style bien à elle. Biologique certifié Ecocert.






Toutes de très bonnes bières...


vendredi 27 février 2015

Une dégustation impromptue: R&D pour Côtes levés Hoisin-BBQ


J'organisais un souper en équipe pour un petit groupe. Nous nous étions entendu sur une recette de côtes levés au BBQ-hoisin avec coriandre fraîche et accompagnements. J'étais en charge de la sommellerie. Un peu de R&D s'imposait, question d'être plus certain du coup, question de ne pas décevoir...

Je choisis donc ces 3 vins pour le banc comptoir d'essai:
  • Le Volver La Mancha 2012, Espagne, Code SAQ: 11387327, CDN $23,00

  • Le Alma Negra 2012, Argentine, Code SAQ: 11156895, CDN $19,95
  • Le Seghesio Zinfandel Sonoma 2012, États-Unis, Code SAQ: 12297446, CDN $31,75

Même millésime mais de régions différentes...une belle expérience gustative...

Le Volver possède de beaux arômes de figues, de bleuets, de cassis. Suave en bouche il rehausse le goût de la sauce hoisin-BBQ. Il laisse une belle bouche et ne devient pas lourd. C'est un vin tout de même costaud et fidèle à sa pastille 'Aromatique & charnu'.

Pour sa part, le Alma Negra a développé un bouquet framboisé avec une trame de fleurs sauvages agréable. Il offre une belle texture en bouche, similaire au Volver mais avec une finale légèrement plus soutenue. Il rehausse le goût du hoisin-BBQ également. Il serait excellent avec le met prévu...le choix va être difficile! C'est le moins cher.

Le Seghesio offre un nez plus subtil et relativement plus bonbonné (cerise/réglisse). Il est plus velouté et suave en bouche que les deux autres avec une texture lisse. L'accord fonctionne un peu moins bien mais en ajoutant la coriandre, il devient gagnant. Il demeure plus délicat que les deux autres vins. C'est un excellent Zinfandel selon mes goûts. Par contre, son grand-frère est encore meilleur (et plus cher) et dans une classe à part...

Ce sont tous de bons vins et je leur donnerais tous une note de 2 coupes.


On se croirait à la Voix! Qui va gagner? Eh bien j'ai fini par choisir le Volver. J'avais un budget à respecter et d'autres services à combler. Celui-ci venait aussi en format magnum, ce qui a peut-être affecté ma décision finale quelque peu...Et vous, qu'auriez-vous choisi?

jeudi 4 septembre 2014

Le Mitoyen


Avez-vous déjà mangé auMitoyen, dans le quartier de Ste-Dorothée sur l’île de Laval? Pour des 450 de la Rive-Nord, ça fait plus proche que se rendre à Montréal. Pour les autres, ça vaut vraiment le détour. J'ouvre une parenthèse: J'ai eu la chance de pouvoir me payer certains bons restos dans mon cheminement de vie. Il y a aussi une part de choix là-dedans bien entendu. Entre m’époustoufler les papilles pendant quelques heures en passant du temps suave avec ma copine ou payer une activité de sport extrême qui m'intoxique d’adrénaline (lire stress) pendant quelques minutes, mon choix est facile. Donc j'ai mangé à de bonnes tables au Québec et ailleurs. Saint-Amour, Laurie Raphaël, Wai en Nouvelle-Zélande etc. mais faire du 'name dropping' n'est pas le point...juste pour justifier mon droit de critique ;-)

Au Mitoyen, j'ai une envie récurrente d'y retourner. On n'entend pas beaucoup parler de l'endroit et du chef Richard Bastien dans les médias. Pourtant. Sa cuisine est pour moi d'une rarissime qualité. Cuisson parfaite. Précision et constance. Accords et équilibres songés et saveurs toujours exquises. Les classiques sont réconfortants et se marient à des créations bien dosées sans artifices. J'y suis retourné récemment et ce blogue est donc pour faire état d'un accord met-vin transcendant que j'ai vécu. Mon intention n’était pas de faire une critique de resto initialement, alors vous excuserez la photo de l'assiette décapitée en intro. La présentation était 'full belle' avant que je pique dedans; vous devez me croire...

Donc dans cette assiette, qui était mon entrée, il y avait une noisette de ris de veau en tempura avec sauce BBQ, purée de panais et tombée de pommes vertes. J'y fit ajouter une tranche de foie gras poêlée comme on peut le faire avec tous les plats, moyennant une surcharge. Et puis pour le vin, je laissa carte blanche à l’équipe comme j'aime parfois le faire. Il m’amenèrent un certain Riesling de la maison Bott Geyl (il y a présentement 4 produits de ce domaine offerts à la SAQ). Dans mon grand état relaxe, l'exactitude de la cuvée et du millésime esquiva mon attention et ensuite ma mémoire. Hélas, sur le site du Mitoyen, ce vin n'y figure pas – il faut dire que les permutations au menu sont fréquentes...l’étiquette était mauve en tout cas! Mon cerveau contesta premièrement qu'il s'agissait de Riesling. Il y avait des airs de noblesse moelleuse dans ce nectar. J'aurais plutôt deviner un grand Pinot Gris, ou un très grand Gewurztraminer tout en finesse. J'ai donc une nouvelle mission: retrouver ce Bott Geyl parmi tant d'autres! Je pourrais rappeler le resto mais mon orgueil m'en désoblige. Je ratisse le site du producteur...peut-être était-ce le Grand Cru de 'Mandelberg'? J'en profite pour ouvrir une autre parenthèse et souligner que le géologue en moi apprécie beaucoup les descriptions pédologiques des terroirs sur le site de Bott Geyl. 

Tout ça pour dire que ce fut un met monumental, une expérience gustative de haut niveau, du type qui tue, par pure sélection naturelle, les cellules du cerveau qui mémorisaient d'autres belles occasions culinaires.

Vous voulez vous payer une bonne table prochainement, ou un jour? Peu importe où vous êtes, allez au Mitoyen et faites ajouter du foie gras dans l'assiette, peu importe ce que vous commandez...

Aie-je vraiment besoin de donner une note? Vous savez c'est quoi...

A+ les gourmands...


Le Singe

lundi 2 juin 2014

Charmé par le Paso Robles



Je reviens dernièrement d’un court séjour en Californie. Le voyage fut court mais dense : une semaine de vacance éclectique en famille à échantillonner le plus beau de cet état Américain. En terme vitivinicole, la région de Paso Robles m’a charmé au plus haut niveau,  avec ses airs tranquilles et son côté encore plus rustique que Sonoma, qui se dit plus rustique que Napa. Les collines me rappellent un paysage Toscan, même si je n’y ai jamais mis pied. Ils y font des vins blancs merveilleux avec des assemblages d’inspiration rhodanienne. La complexité et le mystique de Châteauneuf y errent. Le style et l’insouciance épurée Californien y règnent. Ou est-ce une façade innocente ? On y fait du bon vin qui combine paradoxalement richesse et élégance, fruit, corps et minéralité. Ça ne peut être de l’insouciance…Peut-être alors plutôt une conscience lucide et ambitieuse dissimulée derrière une pensée contemplative effilée ? Quoiqu’il en soit, j'estime que le Paso Robles est une région bien spéciale à suivre…
Je ne suis pourtant pas seul à vouloir y garder un oeil. Le Paso Robles fut nommé région vitivinicole de l’année en 2013 par le ‘WineEnthusiast’. Fait étonnant, cette région ne figure pas dans les choix de régions Californiennes dans l’engin de recherche de la SAQ. Pourtant, lorsqu’on effectue une recherche typique par mot clé, 8 produits y ressortent. Curieux…Une piste d'amélioration continue cher monopole?
Dans mes prochaines écritures, je commenterai donc certaines bouteilles que j’ai dégustées là-bas.



dimanche 13 avril 2014

Un dégustation de 'petits' vins < $15



Nous étions 4 amateurs de vin réunis samedi passé. Nous étions curieux de comparer une sélection de l'offre des vins peu dispendieux sur notre marché. Donc, plusieurs bouteilles, beaucoup de tapas et une belle façon de passer un après-midi pluvieux. Je commenterai individuellement les vins dégustés au courant des prochains jours...semaines. On verra...

Il y a de moins en moins de vins dans cette tranche de prix offerts à la SAQ depuis quelques années, tel que le rapporte Marc André Gagnon de Vin Québec, qui est un gardien de l'intégrité à ce niveau.

Pourtant, la qualité de ces 'petits' vins est généralement bonne à très bonne. On peut obtenir beaucoup de plaisir et bien souvent du caractère à prix doux. Il faut savoir qu'il en coute <$5 en général pour produire une bouteille de vin (Ref.). Donc il est certainement possible d'élargir l'offre et continuer la popularisation de ce breuvage. Ça serait, il me semble, un investissement logique afin de combler le volume des ventes dans le futur...non? Ellargir la base de consomateurs, et la maintenir semble une bonne stratégie d'affaire; mais qu'est-ce que j'en sais moi?

Quelques observations sommaires et générales: les vins étaient majoritairement représentés par les 'vieux pays': 2 vins de France, 3 vins d'Espagne, 2 du Portugal, 1 d'Italie et 1 de Grèce. Il y avait 2 vins du 'nouveau monde' et les deux provenant de l'Amérique du Sud. En général, tous les vins sont buvables mais "manquent d'un peu d'amour". Certains sont très légers avec peu d'extraction. Au moins, ceux-ci semblent honnêtes. D'autres semblent masquer des défaillances possibles avec du maquillage chimique. Plusieurs démontraient des flaveurs métalliques à l'ouverture et plusieurs possédaient une trame aromatique et gustative végétale. Dans l'ensemble, le Mezzo Mondo Negroamaro fut le préféré des convives et le moins préféré fut le Shiraz de Luis Felipe Edwards. Certains vins se sont bonifiés au courant de la semaine une fois ouvert et préservés au frigo...

à suivre!

lundi 31 octobre 2011

Dégustation Cabernet Sauvignon



Ca faisait déjà un bout depuis la dégustation de Pinot Noir et nous étions dus pour une autre dégustation amicale. Cette fois-ci, le thème choisit fut le Cabernet Sauvignon et plus spécifiquement une sélection des régions 'Nouveau Monde'. 

Nous étions 8 dont 3 couples. Chaque parti devait apporter une bouteille d'un pays désigné, soit les États-Unis, le Chili, le Canada, l'Afrique du Sud et l'Australie. Je me suis permis d'introduire un intrus de France, mais j'ai vite réalisé que la culture monocépage du Cabernet Sauvignon est plutôt rarissime dans ce pays. En général, les vins offerts sont plus génériques et sont en majeur parti produits de la grande région du sud de la France; il y a seulement 8 vins Français identifié comme 100% cabernet sauvignon. Le Cabernet Sauvignon est omniprésent dans les vins de Bordeaux, mais il est à peu près toujours 'blendé' avec du merlot ou autres cépages autorisés afin de lui conférer une plus grande complexité et souplesse. J'ai donc choisit un vin de Médoc avec un très haut pourcentage de cabernet sauvignon comme imposteur; un Château Lousteauneuf 2008. Mais attention! Aux États-Unis, selon la règlementation en cours, un vin peut être étiqueté selon un certain cépage à condition qu'il y ait au moins 75% dudit cépage. Donc une zone un peu plus grise à naviguer...

Les autres vins consistaient d'un 'Liberty School' 2008 de Californie, d'un 'Montes Alpha' 2008 du Chili, d'un Mission Hill Canadien, d'un Shingleback 2005 d'Australie et un 'Le Bonheur' 2008 comme représentant de l'Afrique du Sud.

Les fiches de dégustation de 'Vin Québec' furent utilisées pour cette dégustation; elles sont simples et moins déroutantes que celles de la SAQ, utilisées précédemment. En somme, le caractère du Cabernet Sauvignon était bien identifiable et les différences surprenamment subtiles pour un tel éventail géographique! Il faut noter que tous les vins sauf le Shingleback d'Australie faisaient partie du millésime 2008; heureux hasard! L'âge aurait mieux fait paraitre l'Australien selon moi; celui-ci était plus détendu, avec des tannins plus 'fondus'. Mais dans la totalité, il s'agissait en conclusion de vins plutôt communs et ordinaires, sans grands artifices. 

Le 'Liberty School' fut déclaré meilleur rapport qualité/prix de la sélection à CDN$17,50; c'est un vin très fruité que j'ai trouvé un peu surette. Je l'ai noté 5/10, mais j'aime moins ce type de vin. 

Le représentant Canadien de la maison Mission Hill a fait piètre figure devant ses homonymes; un vin discret et poussiéreux qui ne dégageait pas vraiment grand chose. D'une certaine finesse mais plutôt fade, ce qui lui a mérité une note de 2/10 de mon coté.

Le Montes Alpha avait un caractère assez puissant et dégageait une certain 'sucrosité' tant au nez qu'en bouche (vanille, caramel, eucalyptus). C'est un vin avec beaucoup de corps, assez fort en alcool à 14,5%. Il a obtenu une assez bonne note mais ce n'est pas un vin que je rachèterais...

Le Bonheur, d'Afrique du Sud, fut grandement apprécié. Avec des aromes et saveurs de chocolat, de champignons, d'olive noir et ce gout bien typique d'Afrique du Sud que je qualifie comme le fumé de bois hickory qui semble être propre au terroir, il a charmé notre groupe. Ce n'est toutefois pas un style de Cabernet Sauvignon qui plait à tous. Mais mes convives ont semblé apprécier ce gout différent, atypique même, mais bien agréable. Je l'ai tout de même noté 8/10 à l'aveugle!

Mais mon vin préféré fut l'intrus, le Château Lousteauneuf Médocien...c'est peut-être une indication que le Cabernet Sauvignon exprime mieux tout son potentiel en assemblage? Il y a surement une raison pourquoi on fait le vin d'une certaine façon à Bordeaux et que le Cabernet Sauvignon en monocépage ce fait rare en France...?

Pour terminer, quelques bons Cabernet Sauvignons que j'affectionne particulièrement:

Gran Coronas de Miguel Torres, Espagne, Code SAQ : 00036483 $19,95
Manso de Velasco de Miguel Torres, Chili, Code SAQ : 00904078 $39,75
Mas La Plana de Miguel Torres, Espagne, différents millésimes ($48,25 - $55)
Château de Kefraya, Comte de M, Vallée de Bekaa, Liban, Code SAQ : 00722413 $48,25 
Cousino Macul, Chili, Code SAQ : 00212993  $17,95 

dimanche 31 octobre 2010

Dégustation Pinot Noir



Même si je préfère évaluer la personnalité des différents vins, ainsi que leur mérite ultime, en leur laissant la place sur une mise en scène comportant un repas savoureux en bonne compagnie sur une trame sonore bien choisie, il peut en effet s’avérer très intéressant de comparer plusieurs bouteilles dans un même élan afin de parfaire ses connaissances œnologiques (ok, c’est peut-être un peu fort…), ou bien plus simplement établir un barème de préférences personnelles plus ferme.


J’ai donc choisit de débuter une série de dégustations avec une sélection de Pinot Noir. A l’aveugle? Oui…l’objectivité que ceci procure n’est pas à dénigrer lors d’une telle comparaison. Il faut savoir prendre cet exercice à la légère comme m'a si bein répondu Mr. Marc Chapleau, l'éditeur du magazine 'Cellier'. Je pouvais tout de même contrôler quelques éléments pour ne pas rendre l’expérience trop synthétique, comme les dégustations plus ‘industrielles’, afin de ne pas trop s’éloigner de l’essence de l’appréciation du vin. Donc, j’avais 5 joyeux camarades pour m’accompagner dans cette exploration gustative ainsi qu’une table remplie de savoureuses victuailles (une bonne part de charcuterie fine) et de la musique de fond bien smooth.

Dans l’élaboration de ce type de dégustation, le plus important selon moi, c’est d’avoir un thème et d’opter pour une atmosphère décontractée plutôt qu’académique. Donc, pour cette première itération, je choisis le Pinot Noir provenant de 6 pays différents. Il y avait un Clos Jordane ‘Village Reserve’ 2006 du Canada, le fameux pinot noir de Kim Crawford millésime 2008, un Belle Valley 2007 de Californie pris au hasard pour représenter cette région, un Mas Borras 2006 de Torres (Espagne), un pinot d’Afrique du Sud de Glen Carlou en version 2007 et bien sûr, sans oublier les Français, un modeste représentant de Bourgogne (France); un Côtes de Nuits-Villages, Clos de Maligny 2006 de Jean Féry & Fils élaboré par le réputé Pascal Marchand, un Québecois qui roule sa bosse dans les grandes caves de France.

Pourquoi le Pinot? Parce qu’en gros, je ne suis pas un grand fan. Je le trouve en général trop fruité, délicat et léger (pas mon genre) Et oui, j’en ai gouté de très bons (apparemment) lors d’une dégustation de grands crus de Bourgognes 2005. J’avais beaucoup plus apprécié les blancs à cette occasion quoique quelques rouges haut de gamme aient suscité mon intérêt.

Voyons donc ce que nous en avons pensé en général cette fois-ci…

Tous les vins avaient une robe 'similaire', ce qui est généralement attendu d’un cépage unique de millésimes rapprochés - dire autrement tire un peu sur le snobbisme sinon sur un excès de précision. Les différences à ce niveau étaient subtiles et n’ont certainement pas affecté les scores. Le système de notation de la SAQ fut utilisé. La plus haute et plus basse note ont été éliminées lors du calcul des moyennes.



Pinot Noir Belle Valley 2007, Willamette Valley, Oregon, 13.6%, $27.35CAN (le 2008 en succursale)

Un vin sec d’une bonne acidité exhibant des notes végétales et animales à l’olfaction. Il est plus épicé que fruité. J’ai perçu des notes de poivron vert (toujours agaçantes pour moi) en fond de trame ce qui m’a amené à conclure faussement une origine canadienne. J’ai trouvé qu’il manquait de focus dans son expression. Il s’est classé en dernière position avec 6/10. Je l’ai trouvé moyen.


Pinot Noir Kim Crawford 2008, Marlborough, New-Zealand, 13.5%, $21.75CAN

Le plus jeune du groupe, le Kim Crawford a brillé avec son fruit intense à l’olfaction tel un bol de fraises. Avec une finale assez courte et une texture souple, il a recueillit 6.5 points sur 10. J’ai trouvé que c’était un Pinot de bonne qualité pour le prix, spécialement pour ceux qui aiment les vins fruités bien joufflus. 6.5/10



Pinot Noir Village Reserve 2006, Le Clos Jordane, Péninsule de Niagara, Ontario, Canada, 12.5%, $21.75CAN


Une belle surprise! Un vin certifié bio avec un taux d’alcool de seulement 12.5% le Clos Jordane est très digeste. L’olfaction révèle des effluves intenses de sous-bois et empyreumatiques. Malgré des notes légèrement boisées, le fruité est quand même bien intégré en trame de fond et l’authenticité du Pinot ressort tout de même selon moi. Il a évolué favorablement à l’aération et se mérite la troisième position avec une note de 7.6/10. J’en rachèterais. Le 2007 maintenant disponible titre 14.5% d’alcool.


Côtes de Nuits-Villages, Clos de Magny 2006, Jean Féry & Fils, Bourgogne, France, 13%, $33.50

J’avais déjà gouté ce vin plus tôt dans sa jeunesse et je l’avais trouvé assez fruité mais pas nécessairement dans ma palette de goût. Il m’avait été recommandé par un vendeur d’une boutique de vin et j’en avais alors acheté quelques unes. Il me restait donc une bouteille que j’avais laissé reposer presqu’un an dans ma cave. A l’aveugle, j’ai noté des flaveurs chimiques et boisées sur une texture rude. Je l’ai pris pour l’Américain. L’évolution n’a donc pas amélioré sa cause; il avait perdu beaucoup de fruit ce qui était auparavant son meilleur attribut. Donc attention avec la garde de Pinot dans cette catégorie de prix, mieux vaut les boire jeunes! 6.4/10


Mas Borràs 2006, Torres, Espagne, 13.5%, $31.75CAN

Torres est un de mes producteurs favori. Il élabore des produits de qualité dans toute une gamme et la plupart de ses meilleurs sont très abordables. Avec des notes intenses balsamiques, minérales et boisées, je l’ai trouvé très atypique pour un pinot noir. Deux dégustateurs ont décelé des effluves de fumé de poêle à bois à l’olfaction; une odeur de nostalgie pour ceux qui ont déjà marché des petits villages en hiver. Très agréable à boire, il s’est mérité la deuxième position.




Glen Carlou, que j’ai récemment découvert, est un autre producteur qui me plait beaucoup. Il élabore notamment un bon Syrah ainsi qu’un excellent assemblage de style bordelais (Méritage). J’achète ce pinot régulièrement donc je le connais assez bien. Il fait rare présence pour ce cépage sur ma liste d’achat. Ses flaveurs fruités, florales et animales sont bien équilibrées et en font un vin complexe. Il s’ouvre favorablement à l’aération et nous comble avec une finale assez persistante. Il s’est très bien accordé avec la nourriture. Avec sa capsule à vis, il s’est bien conservé en cave. Je ne suis pas le seul à l’aimer apparement. Le score global de 8/10 le positionne en première place tout juste devant le Torres. Et à ce prix, c’est assez incroyable. Le 2009 est maintenant disponible en succursale.

Classement final :
1. Pinot Noir 2007, Glen Carlou, Afrique du Sud
2. Mas Borràs 2006, Torres, Espagne
3. Pinot Noir Village Reserve 2006, Le Clos Jordane, Péninsule de Niagara, Ontario, Canada,
4. Pinot Noir Kim Crawford 2008, Marlborough, New-Zealand
5. Côtes de Nuits-Villages, Clos de Magny 2006, Jean Féry & Fils, Bourgogne, France
6. Pinot Noir Belle Valley 2007, Willamette Valley, Oregon

Bonne dégustation!

mardi 24 août 2010

Déguster Aveuglément

'Cellier' est un magazine publié par la Société des Alcools du Québec (SAQ) que j'aime beaucoup. Depuis quelques numéros, une dégustation à l'aveugle met en compétition des vins sur un thème. Lors du dernier numéro, le match comparatif exposait une sélection de Riesling. Je fus très surpris du gagnant, alors suite à certains évennement, je decidai d'écrire à l'éditeur...

Voici ma lettre et sa réponse:


Bonjour Mr.Chapleau ,

J’aimerais tout d’abord vous féliciter et vous remercier pour l’excellent magazine que vous publiez au nom de la SAQ. C’est certainement un des service/produit pour lequel payer des taxes semble moins ennuyeux! Je lis tous les articles assidument et en général, la qualité de l’information et le style est toujours de qualité et ca me plait beaucoup.

Cependant, suite à votre match comparatif des Rieslings parut dans le dernier numéro, j’ai murit l’idée que votre démarche, quoique scientifiquement soignée et bien intentionnée est fondamentalement erronée et vouée à une mauvaise représentation de la qualité des produits. Je vous explique mon point de vue :

Les dégustations à l’aveugle de telle envergure sont généralement faites en recrachant les produits et étant donné le nombre de bouteilles, il est normal qu’une brève exposition au produit ait lieu plutôt qu’une appréciation prolongée (j’assume, mais avec une certaine certitude). Je fus surpris de voir des Rieslings Australiens gagner avec autant d’autorité, y étant séjourné pendant un bon moment sans trouver de ‘bons’ Rieslings. J’ai donc décidé de déguster votre fameux gagnant (Wolf Blass) à l’aveugle en compagnie d’amis amateurs de Riesling, tout comme moi (il faut dire que l’Alsace fut une des première régions vinicoles que j’ai visité).

Nous étions 6 et j’étais le seul à connaitre l’identité du produit. Aucun de nous ne l’avais dégusté auparavant et les 5 autres n’avaient pas eux écho de l’article de Cellier. Nous avons dégusté notre verre sans nourriture (comme apéro si on veut et pour être plus près de votre réalité?). Idéalement, le vin serait dégusté avec de la nourriture; déjà là je crois que les scores changeraient beaucoup!

Au début je donne aucune piste. Les dégustateurs sont laissés à eux-mêmes. Les premières gorgées révèlent des commentaires positifs; « Bonne acidité, un peu floral, vin bien fait. » On s’aventure sur le cépage et puisque quelques dégustateurs s’égarent je leur donne le premier indice; c’est du Riesling. Surprise pour certains. Tous le trouve atypique et s’entendent pour dire qu’il n’est pas le meilleur représentant du cépage en terme de typicité et de qualité. On continue de boire en discutant. Le vin évolue un peu, certains commencent à percevoir des arômes pétrolés subtiles. Nous sommes rendu à déterminer la provenance. Aucun n’opte pour l’Alsace; on mentionne l’Autriche, l’Italie et la Nouvelle-Zélande. Et à un moment donné, après environ 2/3 de la portion consommée, le vin devient ‘tannant’. C’est un consensus; c’est un Riesling correct, pas un grand vin. Ce ne serait pas le type de produit qu’on achèterait. Un dégustateur ne finit pas son verre (ce qui est atypique de sa personnalité). Je dévoile ensuite la bouteille. Ils sont un peu surpris, mais pas tant que ca étant donné leur conclusion après un verre. Il sont surtout agréablement étonné du bas taux d’alcool.

Le lendemain, nous buvons plusieurs bouteilles de Riesling d’Alsace au cours d’un repas et ce fut franchement meilleur. La ‘digestibilité’ est clairement supérieure. Cette caractéristique importante du vin n’est malheureusement jamais bien identifiée lors de dégustations à l’aveugle et grands concours mondains. L’équilibre est souvent mal évalué selon moi puisque le temps de contemplation réduit, ainsi que le ‘stress’ plus élevé du dégustateur affectent les résultats finaux. Et si on s’entend pour dire que l’appréciation du vin se fait ultimement en mangeant, ces dégustations à l’aveugle, quoique cocasses et amusantes, n’ont rien de sérieux dans la quantification de la qualité holistique et intrinsèque du vin. Je vais donc continuer de lire les résultats avec un grain de sel, comme on regarde des singes jongleurs dans un cirque (ce sont peut-être de très bon jongleurs, mais pas nécessairement les ‘meilleurs singes’ ou ce qu’il y a de plus ‘singe’).

Merci de votre lecture, je croyais que cette petite expérience/perspective vous intéresserait.

Cordialement,

Mathieu Landry


Et voici sa réponse...


Cher monsieur,

Merci pour votre point de vue.

Il est certain que la dégustation à l'aveugle a des limites.

Il s'agit de toujours le garder à l'esprit, effectivement.

Cordialement,

Marc Chapleau


Je vous laisse à vos opinions... ;-)

mardi 6 juillet 2010

Le Vin Australien et Moi

Je dois avouer, si vous ne le saviez pas déjà, que je ne suis pas grand amateur de vin Australien. Certains acquiesceront de vive tête tandis que d’autres s’exclameront devant mon snobisme. Mais d’où peut bien venir cette mondanité ? C’est plutôt simple à la base, mais ca se complique par la suite…

J’ai été introduit au vin par mes oncles maternels à l’hiver de mes 14 ans. Ils servaient alors un Champagne, ou autre mousseux Champignois, lors d’un rassemblement familial, une fête. C’était une occasion spéciale, une opportunité de soudoyer les parents afin de corrompre le petit neveu et les nièces. Mes cousines, avant-gardistes, avaient déjà l’instinct du ‘girly-drink’ et réquisitionnaient un ajout de 7-Up pour rendre ce nouveau breuvage plus alléchant. On m’offrait aussi ces services de mixologie gratuitement, mais mes gènes de curiosité étant plus puissants que mes gènes de ‘suiveux’ (ou était-ce mes gènes d’alcoolique ?), je fus tenté de vraiment comprendre pourquoi les adultes aimaient tant ce breuvage, esprit scientifique oblige, et d’opter pour la boisson pure !

Ce fut donc une descente prématurée en enfer pour mon foi, car je pris gout assez vite à ce merveilleux élixir. Mes oncles devinrent mes premiers tuteurs et complices dans cette aventure gustative, et, pour revenir à nos kangourous, je fus (heureusement/hélas…choisissez votre propre aventure!) fortement influencé par leurs gouts…initialement.

Ceci dit, même avec leurs penchants inclus, je gardai une certaine, et même très grande ouverture d’esprit. Je suis à ce jour toujours rempli d’avide curiosité et vraiment peu de choses me froissent. Il doit y avoir un gène pour cela également…vous lirez Richard Dawkins…

Même si ce récit ne vous convient pas comme explication, j’espère que vous aurez tout de même bonne foi de mon objectivité face à ma subjectivité.

Le gout, c’est relatif. C’est plus relatif que la relativité même! Ca évolue. Plus on goute de choses différentes, plus notre gout se raffine pour des raisons tangibles. Quelqu’un qui me dit que le macaroni au fromage blanc est meilleur que le macaroni au fromage orange a un point. Il connaît sa préférence par rapport à deux choses. Mais il faudrait qu’il goute des bonnes pâtes fraiches au pesto maison, tomates séchées, herbes du jardin et parmesan râpé. Il ne mangerait plus jamais de macaroni au fromage! J’exagère, certes, mais pour nos papilles (et notre identité !) ca paye d’être ouvert et aventurier. On élargit nos horizons. On se découvre réellement. C’est la même chose pour le vin.

Après avoir gouté plusieurs cépages, plusieurs régions et plusieurs producteurs on commence à savoir reconnaître les différences ainsi que les qualités intrinsèques d’un bon vin, en plus de devenir davantage familier avec nos propres préférences. Je ne prétends pas être connaissant sur le vin, bien au contraire, je me considère toujours un amateur ignare.

Les vins Australiens sont souvent faits pour plaire, pour consommation rapide (les twist-caps le confirme! Seulement les meilleures exportations reçoivent le liège), sucre résiduel élevé, récolte mécanique, copeaux de bois, mélanges de parcelles, de régions, de terroirs. C’est un tourbillon incontrôlé (ok j’exagère…peu contrôlé) un peu fou, qui parfois ne semble pas avoir de fin. Ca se goute. Il manque souvent d’équilibre. L’équilibre c’est quand notre bouche est contente parce qu’il n’y a pas trop de telle ou telle chose ; c’est quand l’acidité s’harmonise bien avec notre salive, que le sucre ou autre élément olfactif ou gustatif ne rend pas le vin tannant et qu’on a toujours hâte à la prochaine gorgée…et ce jusqu’à la fin de la bouteille. Le seuil de tolérance ou de plaisir n’est évidemment pas le même pour tout le monde, alors c’est une question de perspective, mais aussi d’expérience. Et selon mon expérience, il me faut chercher plus longtemps pour trouver de bons vins provenant de l’Australie à des prix correct.

Je suis victime de mon terroir et bien heureux de l’être. Ceci dit, il y a de bons vins Australiens qui me plaisent…mais en moyenne je préfère la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal qui produisent une panoplie de produits beaucoup plus intéressants, agréables et abordables selon moi.

Je termine sur quelques commentaires…mes premiers !! qui sont inspirés en grande partie des revues de Michel Phaneuf ainsi que du site Vins Québec. Ce sont des produits que j’ai eut la chance de déguster sur place:



Le domaine de Rivendell est un petit vignoble tranquille qui existe depuis 1987. Il est situé dans le nord de la région viticole de Margaret River à 8km de la côte. Les vins de Rivendell ne sont pas disponibles au Canada.

Rivendell Shiraz 2006 (AU $18)
C'est comme se mettre le nez dans un bol de bleuets fraîchement cueillis. Atypique pour la région, agréable. 12 mois en barrique mais on perçoit à peine les notes boisées. 3/5

Rivendell Sauvignon Blanc 2008 (AU$18)
Belle acidité. Une note d'agrumes subtile avec un nez un peu floral. C'est digeste, ca se boit tout seul. Un bon sauvignon léger qui accompagnerait bien les salades. 3/5

Rivendell 2007 Pennington Cabernet Sauvignon (AU$28)
Arômes tertiaires de fruits cuits, de cuire, de tabac; une belle longueur qui me rappelle la réglisse noir, c'est la première fois que je goute cette saveur dans un vin (la plupart du temps ca ressemble plus à l'anis, donc plus épicé et moins 'cuit', moins sucré). C'est agréable, digeste. Des notes subtiles pétrolées. Un peu de mentholé. On mâche un caramel en finale. C'est un bon vin de contemplation. Manque peut-être un peu d’acidité pour accompagner la cuisine. Elevé 18 mois en barriques françaises mais le bois est bien intégré. Pourrait sans doute vieillir quelques années 3+/5


Le domaine d'Amberley fut fondé en 1985 et mis sa première vendange sur le marché en 1990. Le site fut choisit pour ses pentes abritées faisant face vers l'Est, un bon apport d'eau et un sol gravelé bien drainé. Le site est pittoresque et leur salon de dégustation très soigné. Amberley offre plusieurs vins tirés exclusivement des parcelles de Margaret River et vinifiés par Jeremy Hodgson. En Australie, ils sont réputés pour leur Chenin Blanc qui tire sur le sucré.

Margaret River Noblesse 2008 (AU$22.50)Une sélection de grains nobles. Intéressant. Les conditions le permettent dans cette contrée chaude et sèche? Il est décrit comme un vin de dessert complexe: "Brillant, doré avec des arômes de raisins confits, zest de citron et épices chaudes sur une texture visqueuse en bouche de pommes dorée et coings au four". Visqueux oui, mais je l'ai trouvé plutôt plantureux, médical, métallique. Ca goute l'électronique. Le sucré est sirupeux. Ca manque d’acidité. Peu satisfaisant. Devrait peut-être vieillir plusieurs années? 1/5

Amberley Vintage Sparkling Pinot Chardonnay 2003 (AU$35)
Méthode Champenoise. Il n'y a pas beaucoup de bulles (7 ans d'âge déjà), mais le pétillant est tout de même agréable en bouche, une belle amertume. Une attaque de crème brulée qui se transforme en finale de sucre d'orge au travers d'une trame subtile de pommes et poires compotés. C'est assez long, complexe, agréable. Pour le prix, c'est quand même épatant. 4/5




Penfolds Koonunga Hill Chardonnay
En général, j’aime bien les vins de Penfolds mais j’ai trouvé celui-ci plutôt insipide. Il ne reste pas beaucoup de fruit. Une longueur qui résonne la barrique. Pas le pire que j'ai bu. Pourrait être agréable comme vin de piscine pour les amateurs de Chardonnay boisés mais devient gommant à la longue. 2/5