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samedi 6 mai 2017

Le vin dans l'eau...

J’ai le gout d’écrire; le gout de fuir, comme l’eau qui s’échappe de la neige au printemps. Après une absence prolongée, les remords viennent m’arracher une explication. Je le fais pour moi, pour colorer l’espace-mots d’impression et de contexte. Mais si cela te plait, lecteur égaré, fidèle ou curieux, et bien tant mieux…

Le hiatus se rompt comme l’inspiration profonde à la suite d’une presque-noyade. Je sors la tête de l’eau un instant. Ce réflexe n’est pourtant pas garant de regain vers une quelconque stabilité pérenne. Je dévale encore les remous de l’espace-temps. La mouvance est ma constance…

Et puis le vin lui? Et bien je le bois, tout simplement. Ça, je n’ai pas vraiment arrêté. Tout a commencé par un été de lassitude, comblé de plusieurs rosés et blancs simples redondants de plaisirs. Une simplicité de boire s’est installée, comme un parfum estival pour l’âme. J’ai mis la curiosité scientifique sur pause. Et en même temps, la plume généreuse du partage s’est tarie…ma curiosité a fait place au moment. Quand ceci se produit, il n’y a plus de science : le moment se fait davantage poésie. Et la poésie est une métaphysique intérieure – une sexualité spirituelle. Et quand on vit ce moment, la seule façon de le partager vraiment est dans le même espace-temps. Quand on le décrit, ça devient de la masturbation de l’ego…et un simple écho d’une lointaine musique…il est déjà trop tard...alors il n’y a pas vraiment plus à dire…


J’écrierai à nouveau sur le vin. Mais mon rythme est devenu plus langoureusement chaotique, comme les strates de sédimentation au travers des millénaires, bien définies, et parfois régulières, mais aussi parfois avec une régularité irrégulière. À mes yeux, la complexité de cette géologie est l’essence même de la beauté naturelle. Et je désire demeurer le plus naturel possible…

vendredi 16 octobre 2015

Le retour du singe...dans sa cage

Aux lecteurs fidèles, je m'excuse – pour les autres, bof. Ça fait longtemps que j'ai partagé des notes et impressions...comme disait Passe-Partout: l'été, l'été, l'été c'est fait pour jouer. Je l'avoue, il y avait un certain manque de volonté. J'aime la rigueur, mais parfois, j'apprécie de ne pas être rigoureux. La villégiature a ainsi pris le dessus. Mon assiette fut bien remplie avec l'essentiel saupoudré de petits voyages et patati et patata. C'est bon les patates hein?

C'est aussi ça la liberté...de ne pas être lié aux attentes des autres ou à nos propres attentes envers soi-même – l'essence-même du lâcher-prise. Les attentes, c'est poison, comme j'écrivais de mon alter-ego anglo-saxon ici-ailleurs d'ailleurs.

Mais réjouissez-vous mes chers 9 lecteurs! Je prépare une super série de dégustation-commentaire sur une gamme éclectique de différents vins de 10 ans d'age provenant d'un peu partout (ou n'importe ou). J'ai effectivement plusieurs bouteilles du millésime 2005 que je gardais spécifiquement pour cette 'expérience' gustative pseudo-scientifique. Il me faudra peut-être des amis...?

Donc, au courant des prochains mois, vous pourrez vous attendre à plusieurs notes en ce sens...en attendant, bonnes dégustations et découvertes!


Le Singe...

mercredi 18 février 2015

Pour l'amour de l'évolution...


C'était la St-Valentin dernièrement. Un bon repas s'imposait, au péril de tomber dans le conventionnel et le cliché. Vous voyez la photo. Je vais y venir plus précisément... Mais avant, un petit détour philosophique...

Plusieurs d'entre nous vivons au 'quart de tour'. Nous huilons les engrenages. Nous perfectionnons notre art pour être plus à l'aise dans nos pantoufles. Il y a une certaine noblesse dans cette quête – la perfection. Mais comme toute chose, la fin consiste rarement en la réalisation du bonheur. Alors vient un temps ou le plateau fait son temps. C'est inévitable. C'est naturel. C'est fondamental. Comme un coin qui nous gratte, le désire de nouveauté nous picote. Il faut donc parfois se parfaire en testant de nouvelles limites, en essayant de se dépasser. Quoi de mieux qu'une fin de semaine de St-Valentin et un peu de foie gras...

J'ai appris à poêler le foie gras par mon oncle René, ce fervent amateur du canard (et fumeur de saumon accompli). J'ai ensuite saupoudré ce savoir avec un peu de pratique, d’expérimentation et d'extraits d'émissions culinaires aléatoires. Comme dans toute chose, il y a un art certes, mais dans l'ensemble, c'est assez simple: un beau morceau de foie, tranché environ 2cm, pas trop froid, mais pas trop chaud (il y a sûrement une température idéale et scientifique pour le meilleur résultat, mais je ne saurais vous le dire) et une poêle très chaude. On saisit des 2 côtés brièvement pour une belle coloration. On sale poivre préalablement. J'ai obtenu les meilleurs résultats en jugeant la cuisson à vue. La texture et la couleur révèlent beaucoup. C'est pour ça que l'expérience est importante, ainsi que la qualité du foie.

Il y a plusieurs 'classiques' qui tournent autour des fruits compotés ou confits ou non (pommes, poires, bleuets, canneberges, mangues – j'ai même déjà vu l’ananas sur un menu, mais je n'avais pas essayé) et pain grillé ou crouton. Salade ou non. J'avais déjà exploré quelques variantes dans cette veine. Dans une lancée d'inspiration, de motivation de ma conjointe et d'improvisation, je décidai donc de 'voler' et 'spiker' légèrement la version de mon pote Thommy qui nous avais déjà servi une recette incluant du boudin.

Donc pour revenir à la photo ci-haut: il s'agit de foie gras poêlé sur crumble de boudin parfumé de sauge avec Granny Smith confites et petits pains dorés à la muscade. Il manquait un peu de foie, mais il manque toujours de foie, car on en fait toujours juste assez. Le met était accompagné du Quinta das Setencostas 2010,commenté dernièrement. Un accord met-vin exquis! Il y a des améliorations que j'apporterai à l'assiette, que je garde secrètes pour l'instant, mais le boudin et le foie gras, c'est cha-vi-rant. Merci encore Thommy, pour cette belle découverte...

Le singe

lundi 2 février 2015

L'essence de la critique enflamme

Je ne suis pas toujours assidu pour écrire sur mon blog même si j'aimerais bien l'être davantage. Avez-vous des attentes? Ce n'est pas mon cas et je n'ai pas d'agenda (au sens politique). C'est peut-être ce qui me rend objectif...? Mais l'humain peut-il vraiment être objectif, lui qui est défini par la subjectivité même? Mon objectivité a donc des limites. Les observations scientifiques, les faits, viennent se masquer pour le carnaval d'opinions... 

Il y a un débat métaphysique qui s'émoustille sur la toile et ailleurs, on se l'imagine: le critique 'professionnel' est-il plus juste, plus expert, que l'amateur, que le simple blogueur? M. Alain Lebelle,auteur des Fidèles de Bacchus, affirme que oui dans son dernier bulletin. Jonathan Cristaldi, lui, expose la question (au numéro 8) dans une liste bien charnue de faits divers sur l'univers du vin: «qui mérite vraiment le titre de critique»? La réponse est claire pour moi et je me range plutôt de l'avis de cet autre chroniqueur web, Joe Roberts: tout humain qui sait se servir de ses sens. Eh oui, c'est un peu plus compliqué que ça...effectivement, il faut des papilles qui fonctionnent, une dose de démarche scientifique et un intérêt marqué et soutenu ainsi qu'un enthousiasme pour le partage. La rémunération n'est qu'une affaire de chance et circonstances.


Voici donc mon 'statement' 'for the record'. Je ne suis pas journaliste. Je n'ai aucune formation ni accréditation. Je ne suis pas expert. Mon éducation se fait par l'expérience et la découverte. Je suis curieux. Je suis passionné. Et je bois, quand j'en ai l'occasion. J'aime analyser. J'aime synthétiser. J'aime partager. Je partage donc ici certaines chose comme je le ferais dans un journal, un carnet de note personnel, que je laisse ouvert à tous. Donc prenez et buvez en tous, ceci sont mes opinions, livrées pour vous. Amen.

mercredi 26 février 2014

Le système de notation simplifié

Il y a plusieurs systèmes de notation du vin. Le système sur 100 est populaire dans le monde anglophone, avec les adeptes de ‘Parker’ (Wine Advocate) notamment ou de Wine Spectator. Il y a des systèmes sur 20 (Jancis Robinson, Revue du vin de France, Jacques Benoit de LaPresse). Sur 10 (plus rare). Sur 5 (Vin Québec, Claude Langlois du Journal de Montréal (notation sur 20 abrégée), Phaneuf) et comme j’avais choisi au départ de ce blogue…

J’ai décidé de changer l’échelle que j’utilise, de la simplifier. Je trouve même le système de notation sur 5 trop vaste – ça manque d’intégrité. Concrètement, peut-on vraiment différencier entre un bon vin et un vin correct ? S’il est correct, n’est-il pas bon ? Un vin exceptionnel n’est-il pas excellent ? Je veux que ce soit plus clair – je n’aime pas l’ambiguïté. Après plusieurs commentaires faits sur le vin et une réflexion sur le sujet, je suis devenu incrédule d’un système qui a plus de 3-4 catégories, et mon incrédulité est proportionnelle à la grandeur de l’échelle. Je m’explique.

Quand on aime le vin, qu’on s’intéresse à cet Univers, on apprécie la plupart des produits. Si un produit est offert sur le marché, en général, c’est que quelque part, quelqu’un croit qu’il est assez bon, au moins pour berner des innocents. Mais fondamentalement, il n’y a vraiment seulement que trois types de vins (peut-être quatre…). Il y a le vin qui passe, qui est assez bon mais qu’on a de la difficulté à finir, qu’on oublie volontairement, qu’on n’achètera plus, qu’on évite par la suite ; c’est un vin simple, comme la majorité des produits ‘de dépanneur’ et même certains vins dispendieux qui n’arrivent pas à la hauteur de leur ambition – c’est générique, fait avec peu d’amour ou un manque de savoir-faire. Il y a deuxièmement le vin qui est meilleur, qui nous plait, qu’on rachète à l’occasion, même peut-être souvent. C’est un vin qui est généralement un bon rapport qualité-prix, qui tombe dans nos gouts et qu’on recommande à d’autres - on l'apprécie. Finalement, il y a le grand vin, l’exceptionnel, l’excellence. Ce vin nous marque. On finit la bouteille et on en veut d’autre. Il ne donne pas mal à la tête. Ça devient une référence. On veut en avoir une caisse ou plus, si on en a les moyens…Et puis il y a les mauvais vins. Mais ces vins qui présentent un défaut valent-ils vraiment la peine d’être commentés ? Ils ne sont pas bons, mais ils ne sont pas comme le producteur l’a voulu. On peut le rapporter certes, mais ceci ne donne aucune valeur critique du produit autre qu’une documentation d’une faillite du processus de manutention et/ou d’entreposage. Je vous met au défi de dire le contraire et de vous croire…

Il est normal que des échelles plus complexes, plus compartementalisées aient évoluées. C’était nécessaire afin de décerner des ‘médailles’, de trouver des ‘gagnants’ au travers d’une palette de vins souvent tous excellents. C’est un peu comme aux olympiques ; on tranche par millisecondes. Je doute très fort qu’on puisse avoir ce genre de précision gustative dans l’Univers subjectif des gouts, et surtout je doute que ca en vaille vraiment la peine. Est-ce requis pour l’amateur commun ? Peut-on vraiment comparer un excellent Châteauneuf avec un excellent Bordeaux en regardant un pointage ? Je ne crois pas que la complexité de la chose puisse vraiment s’exprimer avec une plus grande panoplie de chiffres…En gonflant les échelles avec plus de possibilités, on évite de se commettre. De toute façon, les critiques finissent toujours en bout de ligne à tendre vers une moyenne de 3 types tels que je les ai décrits ci-haut. La marge se referme, se compresse...naturellement, peu importe l'échelle utilisée.

C’est pourquoi j'adopte dès maintenant un nouveau système de notation de 3 coupes. Cette notation apparaitra désormais dans chaque entrée comme référence et rappel…et phare vers la critique raisonnée mais raisonnable !
 
 
 

P.S. Je ne commenterai pas les vins ‘mauvais’. Pourquoi perdre mon temps, et le vôtre… ? Il y aurait peut-être justification pour une catégorie de 4 coupes, pour les vins mythiques, la note parfaite, mais ces vins sont généralement inatteignables pour le commun des mortels...si j'ai un jour la chance d'avoir une coupe d'un tel nectar à ma main, je rajouterai une coupe...